Illustration médicale des reins, vessie et globules rouges circulants.

Damiano

Quelle maladie provoque du sang dans les urines : causes et traitement

L'articolo in breve

Le sang dans les urines, ou hématurie, nécessite toujours une consultation médicale. Découvrez les principales causes et quand s’inquiéter.

  • Infections urinaires et calculs : causes les plus fréquentes, notamment la cystite chez la femme et les lithiases urinaires
  • Maladies rénales : pathologies héréditaires comme le syndrome d’Alport ou la maladie de Berger, troubles de la coagulation
  • Problèmes de prostate : hypertrophie bénigne comprimant l’urètre chez l’homme vieillissant
  • Cancers à dépister : cancer de la vessie et du rein provoquent une hématurie chez 90 % des patients
  • Bilan urgence : bandelette urinaire, ECBU, cytologie, échographie et cystoscopie si suspicion tumorale

Du sang dans les urines, ça surprend toujours. Je reçois régulièrement des patients qui arrivent inquiets, occasionnellement paniqués, après avoir découvert leurs urines colorées en rose ou en rouge. Cette réaction est normale. Mais avant tout, il faut savoir de quoi on parle exactement et comprendre que la présence de sang dans les urines — ce qu’on appelle une hématurie — mérite toujours une consultation médicale, même si le symptôme disparaît rapidement.

Hématurie : ce que révèle vraiment la couleur des urines

On distingue deux formes d’hématurie. L’hématurie macroscopique est visible à l’œil nu : l’urine prend une teinte rose, rouge vif ou brune. L’hématurie microscopique, elle, ne se voit pas. Elle ne se détecte qu’au laboratoire, via une bandelette urinaire ou un examen cytobactériologique des urines (ECBU).

Attention à une idée reçue que je dois corriger régulièrement : la quantité de sang visible ne préjuge pas de la gravité. Un saignement très léger peut cacher une pathologie sérieuse, tandis qu’une urine franchement rouge peut résulter d’une cause bénigne. Voilà pourquoi aucune hématurie ne doit être banalisée.

D’ailleurs, les urines rouges ne signifient pas toujours qu’il y a du sang. Certains aliments — betterave, chou rouge, rhubarbe — peuvent temporairement colorer les urines. Certains médicaments aussi, comme la rifampicine ou la vitamine B12. Pour distinguer une vraie hématurie d’un faux positif, seule l’analyse d’urine fait foi. Si vous souhaitez aller plus loin sur ce sujet, je vous invite à consulter notre article dédié : quelle maladie change la couleur des urines : causes et symptômes.

Quelles maladies provoquent du sang dans les urines ?

Les infections urinaires, première cause chez la femme

La cystite — inflammation bactérienne de la vessie — est la cause la plus fréquente d’hématurie que je vois en consultation. Environ un tiers des femmes y sont confrontées au moins une fois dans leur vie. Dans 75 à 90 % des cas, la bactérie responsable est Escherichia Coli. Les symptômes associés sont assez caractéristiques : brûlures à la miction, envies fréquentes, urines troubles.

Plus grave, la pyélonéphrite touche les reins. Elle s’accompagne de fièvre, de frissons et de douleurs lombaires intenses. Chez l’homme, la prostatite — infection de la prostate — peut également provoquer des saignements urinaires, avec des douleurs à l’éjaculation et des brûlures mictionnelles.

Les calculs rénaux et les problèmes de prostate

Les lithiases urinaires — autrement dit les calculs — sont une autre cause fréquente. Ces cristaux minéraux se forment dans les reins ou la vessie. Quand ils obstruent les voies urinaires, ils déclenchent une colique néphrétique : une douleur que mes patients décrivent souvent comme la pire de leur vie.

Chez l’homme vieillissant, l’hypertrophie bénigne de la prostate comprime l’urètre et empêche la vessie de se vider correctement. Ce phénomène augmente le risque d’infection et donc d’hématurie. Un patient que j’ai suivi pendant plusieurs années avait justement banalisé ses épisodes de sang dans les urines, les attribuant à sa prostate — alors qu’un bilan intégral a révélé autre chose.

Les maladies rénales héréditaires et les troubles sanguins

Certaines pathologies rénales d’origine génétique peuvent aussi expliquer une hématurie : le syndrome d’Alport, la polykystose infantile, la cystinurie, ou encore la maladie de Berger (néphropathie à IgA). Ces affections sont plus rares, mais elles touchent parfois des patients jeunes sans facteur de risque évident.

Les troubles de la coagulation comme la drépanocytose ou l’hémophilie figurent également parmi les causes possibles. Enfin, certains médicaments courants peuvent déclencher des saignements : l’aspirine, l’ibuprofène, ou des antibiotiques comme l’érythromycine, la rovamycine ou la pénicilline.

Cancers et hématurie : quand s’inquiéter vraiment ?

Le cancer de la vessie, signal d’alarme à ne pas ignorer

Le cancer de la vessie provoque une hématurie chez environ 90 % des patients. C’est souvent le premier — et parfois le seul — signe visible. Il touche 3 à 4 fois plus les hommes que les femmes, et se déclare plus fréquemment après 40 ans, chez les fumeurs ou les personnes exposées à des produits chimiques professionnels. Non, le sang dans les urines n’indique pas forcément un cancer. Mais cette éventualité doit systématiquement être écartée.

Le cancer du rein et les autres tumeurs urinaires

Le cancer du rein partage cette même caractéristique : une hématurie est retrouvée chez près de 90 % des patients. Elle peut s’accompagner d’une masse palpable ou de douleurs lombaires sourdes. Ces cancers progressent fréquemment silencieusement, ce qui renforce l’importance de ne jamais laisser passer un épisode de sang urinaire sans bilan.

Causa Population concernée Emergenza
Cistite Femmes surtout Consultazione rapida
Calcoli renali Tutte le età Urgence si colique
Cancro della vescica Hommes, +40 ans Bilan urgent
Cancro al rene Adultes Bilan urgent
Maladies rénales héréditaires Sujets jeunes Consultation spécialisée

Quand consulter en urgence et quels examens réaliser ?

Certains signes imposent une prise en charge immédiate :

  1. Présence de caillots dans les urines ou sensation de blocage lors de la miction
  2. Saignement abondant accompagné de fièvre ou de douleurs lombaires intenses
  3. Hématurie persistante ou récidivante, même indolore

Le bilan diagnostique que je prescris comprend généralement une bandelette urinaire, un ECBU, une cytologie urinaire pour dépister les tumeurs de haut grade, puis une échographie ou un uroscanner. La cystoscopie — qui permet d’observer directement l’intérieur de la vessie — reste l’examen clé en cas de suspicion tumorale. Une biopsie peut compléter ce bilan si nécessaire.

Le traitement dépend ensuite entièrement de la cause identifiée : antibiotiques pour une infection, chirurgie ou lithotripsie pour les calculs, traitement médical ou chirurgical pour la prostate, et prise en charge oncologique si une tumeur est confirmée. Ce que je retiens après des années de pratique — une hématurie prise en charge tôt change radicalement le pronostic.

Fonti : blank »>service urologue

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