Nasofibroscopie : définition, déroulement et indications

Damien

Nasofibroscopie : définition, déroulement et indications

L’article en bref

La nasofibroscopie est un examen visuel des voies respiratoires supérieures réalisé par un médecin ORL.

  • L’examen utilise une fibre optique fine introduite dans le nez pour explorer les fosses nasales, le pharynx et le larynx en une à deux minutes
  • Procédure quasi-indolore ne nécessitant généralement aucune anesthésie, réalisable même chez les jeunes enfants avec un endoscope adapté
  • Indiquée pour diagnostiquer les obstructions nasales, troubles de la déglutition, dysphonies et troubles respiratoires du sommeil
  • Permet de détecter déviations septales, polypes, hypertrophies amygdaliennes et formations tumorales avec une vision anatomique précise
  • Outil de dépistage professionnel pour les adénocarcinomes naso-sinusiens chez les travailleurs exposés aux poussières de bois

Je pratique l’urologie depuis plus de vingt ans maintenant, et je peux vous assurer qu’il existe des examens complémentaires qui, bien qu’ils ne soient pas directement de mon domaine de compétence, s’avèrent essentiels pour comprendre certains troubles que rencontrent mes patients. La nasofibroscopie en fait partie. Lorsqu’un patient vient me consulter pour des difficultés respiratoires nocturnes ou des ronflements importants, je travaille étroitement avec mes collègues ORL qui pratiquent cet examen d’exploration visuelle. Cet outil me permet d’identifier d’éventuels obstacles anatomiques qui peuvent influencer la qualité du sommeil et, par ricochet, certaines fonctions urologiques. Aujourd’hui, je souhaite vous expliquer en détail ce qu’est cet examen, comment il se déroule et pourquoi il peut être indiqué dans différentes situations médicales.

Qu’est-ce que cet examen d’exploration des voies aériennes supérieures ?

Je vais vous présenter ce procédé diagnostique de manière claire et précise. La nasofibroscopie constitue un outil d’exploration visuelle particulièrement performant. Elle permet d’examiner l’ensemble des structures anatomiques des fosses nasales, du pharynx et du larynx. Mon collègue ORL avec qui je collabore régulièrement m’expliquait récemment qu’il s’agit d’un examen de routine dans leur spécialité, réalisé aussi bien en cabinet qu’en milieu hospitalier.

Le principe technique de l’exploration

L’examen repose sur l’utilisation d’une fibre optique extrêmement fine que le praticien ORL introduit délicatement dans une narine du patient. Cette fibre est guidée progressivement jusqu’à l’arrière de la gorge grâce à des repères anatomiques précis. L’endoscope souple est protégé par une gaine à usage unique, garantissant ainsi des conditions d’hygiène optimales. La taille de l’instrument est toujours adaptée à l’âge et à la morphologie du patient, ce qui permet de pratiquer cet examen même chez les très jeunes enfants.

Les zones anatomiques étudiées

Au cours de cette exploration, le médecin visualise successivement plusieurs structures importantes. Il examine d’abord le septum nasal, cette cloison qui sépare les deux narines. Ensuite, il observe le plancher et les parois de la fosse nasale, ainsi que les trois cornets qui sont de petites lames osseuses enroulées. Les méats, ces espaces qui séparent les cornets, sont également scrutés attentivement. L’exploration se poursuit vers le pharynx où sont visualisées les amygdales et les végétations, puis vers le larynx où les cordes vocales sont examinées. Je me souviens d’un patient qui présentait des troubles urologiques associés à des apnées du sommeil, et c’est grâce à cette exploration complète que nous avons pu identifier une hypertrophie de la base de langue.

Les caractéristiques pratiques de l’examen

Je tiens à vous rassurer sur plusieurs points essentiels. L’examen est remarquablement rapide puisqu’il dure entre une et deux minutes seulement. Il est normalement indolore, même si certains patients décrivent une légère gêne. Aucune préparation particulière n’est requise et l’anesthésie locale n’est généralement pas nécessaire. En revanche, dans certains cas, notamment chez les personnes ayant un réflexe nauséeux important, le praticien peut proposer une anesthésie de contact après rétractation de la muqueuse. Il peut être demandé d’être à jeun pour limiter ce réflexe.

Le déroulement pratique de l’intervention

Permettez-moi de vous décrire précisément comment se passe cet examen en pratique. Je l’ai observé à de nombreuses reprises lors de collaborations avec mes confrères ORL, et je peux vous expliquer chaque étape de manière détaillée.

L’installation et la préparation

Le patient est généralement installé confortablement sur un fauteuil de consultation, ou au lit s’il est hospitalisé. Le praticien prend le temps d’expliquer le principe de l’examen afin de limiter les mouvements intempestifs pendant l’acte. Cette communication préalable est essentielle pour obtenir la coopération du patient et garantir le succès de l’exploration. J’insiste toujours auprès de mes patients sur l’importance de rester détendu et de respirer calmement par la bouche durant la procédure.

La progression de l’endoscope

Une fois l’endoscope introduit dans le vestibule nasal, le médecin le fait progresser lentement en visualisant chaque zone sur un écran. Cette progression se fait depuis l’entrée des fosses nasales jusqu’à l’étage sus-glottique, en passant par le rhinopharynx. À chaque étape, le praticien recherche des anomalies telles qu’une déviation septale, une hypertrophie des cornets ou la présence de polypes. Je me rappelle particulièrement d’un patient chez qui nous avions identifié une obstruction nasale majeure qui expliquait ses troubles du sommeil et, indirectement, ses levers nocturnes fréquents.

L’observation fonctionnelle

Au-delà de l’aspect anatomique, l’examen permet également d’observer la fonction de certaines structures. Lors de la déglutition, le praticien peut détecter des signes indirects de dysfonction du muscle supérieur de l’œsophage et visualiser d’éventuelles fausses routes. La longueur du voile du palais, la taille de la luette et son tonus sont également appréciés. Ces éléments fonctionnels apportent des informations précieuses pour comprendre les mécanismes obstructifs nocturnes.

Les situations médicales nécessitant cet examen

Je vais maintenant vous expliquer pourquoi cet examen peut être prescrit dans différentes situations cliniques. Mon expérience m’a montré qu’il existe de multiples indications, certaines relevant du dépistage, d’autres de l’exploration de symptômes précis.

Les indications symptomatiques

La fibroscopie nasale est pratiquée lors de la survenue de plusieurs types de symptômes qui nécessitent une exploration approfondie :

  • Des troubles de la déglutition qui peuvent inquiéter le patient
  • Un stridor laryngé caractérisé par une inspiration bruyante
  • Une dyspnée laryngée avec essoufflement
  • Une dysphonie modifiant la voix
  • Une obstruction nasale chronique

Ces symptômes peuvent parfois sembler sans rapport avec d’autres troubles, mais dans ma pratique, j’ai souvent constaté que les problèmes respiratoires nocturnes influençaient directement la qualité de vie globale de mes patients.

Le dépistage des pathologies professionnelles et tumorales

L’Institut national de recherche et de sécurité recommande cet examen comme outil de dépistage des adénocarcinomes naso-sinusiens chez les travailleurs exposés aux poussières de bois. Il s’agit d’un examen de première intention particulièrement pertinent. Par ailleurs, face à une suspicion de cancer des voies aérodigestives supérieures, la fibroscopie devient indispensable. Les signes d’alerte incluent des saignements de nez récurrents, des douleurs à l’oreille, une sensation d’oreille bouchée, une gêne à la déglutition ou l’apparition d’une boule au niveau du cou.

L’exploration des troubles respiratoires du sommeil

C’est dans ce domaine que je suis le plus directement concerné. L’exploration anatomique des troubles obstructifs du sommeil nécessite souvent une fibroscopie nasale pour identifier un obstacle anatomique ou fonctionnel. Bien qu’un obstacle soit rarement retrouvé dans le syndrome d’hypoventilation alvéolaire obstructive du sommeil, cet examen permet d’écarter des causes chirurgicalement traitables. Une hypertrophie amygdalienne, une grosse base de langue, une déviation de cloison ou une rhinite chronique peuvent être objectivées. Cette exploration précise permet de constater l’existence d’un réel obstacle, même si son rôle dans la pathologie nocturne reste à déterminer. En l’absence d’obstacle anatomique, ce qui est fréquent, le praticien conclura à une origine purement fonctionnelle, orientant ainsi vers des traitements non chirurgicaux.

Les informations obtenues grâce à cet examen

Je souhaite maintenant vous présenter les différents éléments que cet examen permet de mettre en évidence et comment ces informations guident les décisions thérapeutiques.

Zone examinée Informations obtenues
Fosses nasales Perméabilité, déviations, inflammations
Méats Perméabilité des orifices sinusiens
Pharynx Volume amygdalien, végétations adénoïdes
Larynx Fonctionnement des cordes vocales, paralysies

La fibroscopie renseigne précisément sur la perméabilité des voies aériennes nasales et des orifices entre fosses nasales et sinus. Elle permet de détecter la présence de formations inflammatoires comme les polypes ou de formations tumorales. Les troubles neurologiques du carrefour pharyngolaryngé, notamment les paralysies du pharynx ou du larynx, peuvent également être identifiés. Je recommande systématiquement cet examen à mes patients présentant des symptômes respiratoires nocturnes persistants, car il apporte une vision complète de la situation anatomique.

Mon appréciation étant praticien

Après toutes ces années de pratique médicale, je peux affirmer que la fibroscopie nasale représente un outil diagnostique majeur. De nombreuses pathologies, qu’elles soient bénignes ou malignes, peuvent être diagnostiquées grâce à elle de manière relativement simple lorsqu’elle est pratiquée par des mains expérimentées. Il s’agit d’un examen quasi-indolore qui permet d’chercher une grande partie de la sphère ORL incluant le pharynx, le larynx et les fosses nasales. Dans ma spécialité urologique, je constate régulièrement que les patients souffrant de troubles du sommeil liés à des obstructions respiratoires présentent également une altération de leur fonction vésicale nocturne. Cette corrélation m’a conduit à développer une approche globale du patient, en collaborant étroitement avec mes collègues ORL. La fibroscopie nasale s’inscrit parfaitement dans cette démarche pluridisciplinaire. Elle offre une vision anatomique précise qui guide nos choix thérapeutiques et améliore significativement la prise en charge de nos patients. Je vous encourage vivement à ne pas négliger cet examen si votre médecin vous le propose, car il peut révéler des informations essentielles pour votre santé globale.

Pour en savoir plus sur les spécialités médicales complémentaires, vous pouvez consulter wiki urologie ainsi que service urologue.

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